Les risques induits par l’écoute de musique au casque par les jeunes

L’utilisation des écouteurs par les adolescents et les enfants, y compris les plus jeunes, avec l’autorisation des parents, inquiète les spécialistes au plus haut point. Pour eux, ce comportement irresponsable risque d’accroître considérablement les troubles de l’audition pour cette génération.

Des chiffres alarmants publiés par l’Ipsos

1.500 parents ont été interrogés par l’association « La semaine du son », et un nombre croissant autorisent le port des écouteurs ou casques audio par leur progéniture, voire le leur imposent ! Les adolescents âgés de 13 à 19 ans sont 95 % à écouter de la musique avec ce type accessoire plusieurs heures par jour, principalement sur leur téléphone mobile. Ce pourcentage passe à 74 % pour les enfants de 7 à 12 ans.

Même les plus jeunes sont concernés, avec 21 % pour les moins de 6 ans et 15 % pour les tout-petits, qui n’ont pas encore fêté leur deuxième anniversaire. Plus grave, près d’un enfant sur 10 s’endort au son de la musique déversée directement dans leurs oreilles.

Danger accru avec le MP3

Lorsque les morceaux écoutés sont au format MP3, le danger est aggravé. En effet, la compression effectuée part les convertisseurs MP3 comme ceux disponibles ici suppriment une partie des informations, entraînant une baisse de la qualité. En réaction, les utilisateurs augmentent le volume, agressant leurs tympans et nuisant à leur audition.

Si les enfants sont incapables de mesurer l’intensité de la musique qu’ils écoutent, celle-ci est en revanche audible pour 85 % des parents. Les pédiatres et ORL n’ont pas de mots assez forts pour exprimer leur indignation et leurs inquiétudes : consternant, déraisonnable, folie, irresponsabilité… Mais surtout, ces jeunes risquent d’être atteints de surdité dès la trentaine.

D’ailleurs, surtout si la musique est écoutée fort peu avant l’heure du coucher, l’oreille est privée du repos indispensable. La majorité des jeunes concernés a déjà souffert d’acouphènes, de sifflements et bourdonnements.

Des conséquences désastreuses

Les professionnels de la santé demandent ainsi à leurs homologues dans le domaine de la musique de renforcer la sensibilisation du public concernant les risques d’une écoute prolongée et fréquente au casque.

Le ministère de la Santé s’est également penché sur la question, pour étudier la possibilité d’imposer une limitation du volume sonore sur les écouteurs, mais l’aspect technique représente un obstacle majeur à la place technique de cette initiative.

À titre préventif, l’association La semaine du son préconise la réduction du temps et de la fréquence d’écoute, et le respect de pauses régulières. Autant de recommandations que la plupart des personnes connaissent, mais que peu appliquent.

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